HAUNTED CASTLE
Haunted Castle, unique épisode de la
série sur arcade, est comme Vampire Killer sur MSX un jeu qui va poser les bases de Castlevania. L'introduction présente le scénario, des plus basiques : vous
assistez à l'enlèvement de la femme de Simon Belmont par Dracula. Forcément, il faut dès lors apprendre à l'outrecuidant Comte que le droit de cuissage, c'est
bon pour les films au cinéma... Et pour cela, rien de tel qu'un bon fouet de cuir!
On retrouve dans ce jeu la plupart des éléments qui caractériseront la série : bien que
vous auriez l'occasion d'utiliser d'autres armes comme un fléau ou une épée, votre arme de base est déjà le fouet. On retrouve également les armes secondaires, moins nombreuses que dans Castlevania mais cette fois-ci, pas de bougies à abattre. Les (rares) bonus vous seront désormais accordés à la mort de certains adversaires. La plupart de ces
créatures apparaitront dans les épisodes suivants : zombis, corbeaux, squelettes, hommes-poissons... Même les boss sont familiers : le premier n'est autre que Méduse, et déjà c'est du costaud...
Car si les Castlevania sont généralement d'un niveau de difficulté assez relevé, Haunted Castle est tout
bonnement le plus difficile de tous... Bien des pièges sont tout bonnement indécelables avant de tomber dedans et dès le troisième niveau, on commence à être submergé par les monstres... Sans
compter que vous ne disposez que d'une seule vie et seulement de 3 crédits... Vous pouvez rajouter autant de pièce que vous voudrez, une fois ces crédits épuisés, vous retomberez au premier
niveau... A cela s'ajoute une jouabilité un peu approximative, les déplacements manquant un peu de souplesse, notamment en ce qui concerne la montée et la descente des escaliers... Le jeu est en
général à l'image des combats contre les boss, c'est-à-dire très frustrant... Et c'est peut-être ce qui a fait que cette version est si peu connue.
Pourtant, les graphismes sont assez jolis. Sans être le plus beau jeu de l'époque, les
sprites sont assez grands et les décors relativement riches (par contre, le début du second niveau est tout bonnement hideux!). L'ambiance sonore n'est pas trop mal non plus, avec des musiques
déjà assez accrocheuses (certains thèmes seront réutilisés dans les épisodes suivants) et les bruitages sont convaincants... Mais vraiment, le jeu est tellement frustrant qu'on en perd la plus
grande partie du plaisir. Cette version ne vaut donc à mon avis qu'un coup d'oeil de la part des collectionneurs, qui seront curieux de voir les origines de Castlevania, mais en soit, le jeu n'en vaut pas franchement la peine...
CASTLEVANIA
L'action se passe en 1691, en Transylvanie, alors que le vampire Dracula
s'est de nouveau élevé de sa tombe pour terroriser la province. Vous incarnez Simon Belmont, membre d'une illustre famille de chasseurs de vampires ayant déjà eu affaires avec le
vampire. Le but du jeu est donc des plus simples : vous pénétrez dans le chateau du Comte Dracula afin de l'expédier en Enfer. Comme on peut le voir, le scénario est strictement le même que pour
Vampire Killer sur MSX.
Votre arme principale est votre fidèle fouet, qu'un bonus vous permet d'upgrader deux
fois. Ce fouet, véritable symbole de la série, sera dans tous les épisodes votre arme de prédilection (sauf éventuellement dans les versions Megadrive et NEC).
Mais outre celui-ci, vous pourrez utiliser des armes secondaires, en appuyant simultanément sur HAUT et le bouton de tir au prix d'un coeur par utilisation (sauf la montre qui en consomme cinq).
Les coeurs, comme tous les autres bonus, vous les trouverez principalement en frappant des bougies accrochées aux murs qui parsèment le château. On voit donc que Konami a choisi
de ne pas conserver le système de Vampire Killer, dans lequel les armes étaient finalement peu utiles car trop peu accessibles. Le système de
Castlevania est en tout cas autrement plus convaincant.
Malgré son âge, le premier opus de Castlevania reste très ludique : le bestiaire est extrêmement varié, composé de créatures folkloriques et les niveaux, bien construits offrent en outre le luxe
d'être très variés, tant au niveau des décors que des difficultés. Encore une différence par rapport à Vampire Killer due à l'abandon du côté
recherche, ces derniers sont désormais linéaires, selon un scrolling horizontal. Les bonus sont également nombreux et beaucoup sont bien cachés! Si le jeu est pour l'époque loin d'être facile,
ses qualités intrinsèques le rendent néanmoins stimulant et on n'a jamais la frustrante impression que le jeu est impossible, sauf en ce qui concerne le combat contre le boss de l'avant-dernier
niveau, la Mort elle même, d'une difficulté vraiment redoutable et certainement le moment le plus difficile du jeu. Mais après tout, n'est il pas normal qu'une fois la Mort vaincue, plus rien
puisse vous effrayer?
Techniquement, il est indéniable que la NES
est bien exploitée. Les graphismes sont riches et l'animation est à la fois bien décomposée et rapide. Ajoutez à cela une maniabilité précise et vous obtenez le hit que l'on sait! D'autant que
les musiques sont vraiment excellentes!
Castlevania pose donc de façon éclatante la forme définitive de la série et
a été un succès tellement fulgurant sur la console 8 bits de Nintendo que les versions sur les autres plates-formes ont quasiment été oubliées!
Pendant bien longtemps, Castlevania a longtemps été identifié à Nintendo d'ailleurs.
Autres versions du Jeu
Castlevania est à ma connaissance le seul jeu de la série ayant été porté sur d'autres plates-formes que celle d'origine. Les voici décrites un peu plus en détails...
Nintendo Famicom Disk System
(1986)
Dire que c'est là une version différente de la NES est exagéré puisque le Famicom Disk System n'était autre qu'une NES avec un lecteur de disquette. Il s'avère justement qu'au Japon, le jeu à d'abord été vendu sur disquettes. Les
niveaux et la réalisation technique sont strictement identiques à la version cartouche. Les seuls changements notables sont l'écran de titre, la possibilité de nommer son personnage en début de
jeu et surtout, la possibilité de sauvegarder
Commodore Amiga (1990)
Cette adaptation tardive, réalisée par Novotrade qui disposait de la
licence de Konami était très attendue car la sortie d'une adaptation d'un jeu d'une console japonaise sur un ordinateur occidental était bien plus rare qu'aujourd'hui. Les
graphismes sont plus colorés et plus fins que sur NES, mais vu les capacités nettement supérieures de l'ordinateur, encore heureux. Bizarrement, ils
ont été beaucoup retravaillés, notamment les sprites qui ont un aspect beaucoup plus "cartoonesque"... C'est très moche, ça fait amateur et ça ne va pas du tout avec le jeu à mon avis.
L'animation est hâchée et le gameplay est abominable : on est submergé par les monstres et la gestion des collisions est pitoyable. Les musiques sont par contre meilleures que sur NES et une fonction de sauvegarde a été implémentée mais cela ne résoud pas les gros problèmes de jouabilité... Pour finir sur un autre point positif, la
disquette se charge vite, c'est toujours mieux que d'attendre longtemps pour tomber sur une bouse... Je ne vais pas en rajouter plus, la version Amiga
de Castlevania est, vous l'avez compris, indigne tant de la machine que du titre et c'est vraiment dommage!
IBM PC & Compatibles
(1990)
Cette version est sortie en même temps que la version Amiga.
Commodore C64 (1990)
Il est surprenant de constater que cette version est largement supérieure à celle de l'Amiga. Bien sûr, tant au niveau sonore que graphique, cette version est inférieure à la NES mais on sent
que la machine est bien exploitée. Les graphismes sont colorés et proches de l'original malgré une forte pixellisation qui est habituelle sur cette machine. L'animation est étonnamment fluide et
la maniabilité, sans égaler la version Nintendo est franchement bonne. Le jeu reprend exactement l'original, à part quelques détails en
moins.
Derniers Commentaires